vendredi 3 juin 2011

Koh Phangan - Cocohut Beach & Cie

Mardi 17 mai
Après une bonne nuit, on se réveille doucement, vers 9h30 et évidemment on rate le petit-déjeuner (qui finit à 10h). Mon conseil (si vous allez au Cocohut) : ne ratez pas le petit-déjeuner. Très bon et copieux. Mes favoris : le muesli/yoghurt/fruits et les french toast/pancakes. Bon je vous ai fait la moitié de la carte du petit dej, je l'avoue. En plus vous pourrez toujours vous rendormir apres, au bord de la piscine, ou à l'ombre des palmiers, ou tout simplement au bout du long ponton qui donne sur le bleu foncé de la mer. C'est là où il y a les meilleurs ambiances de la plage du Cocohut. Parole d'amie, j'y ai passé mes journées. Bon, avant de se prendre pour des sirènes au bout du ponton, un petit tour par la ville pour acheter conneries (robes, maillots de bain) et se réapprovisionner en crème solaire et anti-moustique. C'est là qu'on réalise vraiment que Haad Rin, est une des banlieues de Tel-Aviv. Bon nombres d'enseignes ne sont inscrites qu'en hébreu : pharmacies, restaurants, magasins de fringues. 

Allez, assez plaisanté, il est l'heure d'aller se reposer sur la plage. Notre livre dans les mains, nous nous installons chacune sur un transat, mais la chaleur est telle que nous sommes incapables de faire la crêpe, et puis la mer est assez alléchante, avec son habit bleu turquoise transparent. On brûle sur nos transats, allons nous rafraichir dans l'eau. Aïe, ça brule ! La mer est encore plus chaude. Je sais même pas quelle est la température extérieure, je n'ose imaginer celle de l'eau. J'ai l'impression d'entrer dans un bain trop chaud, dans lequel j'aimerais rajouter de l'eau froide. Vous la connaissez cette sensation ? Alors vous savez exactement comment je me suis sentie à cet instant. C'est affreux, qu'allons nous faire ? Alicia s'apprête à retourner dans la chambre prendre une douche froide lorsque j'aperçois les deux israéliens Avi et Liav rencontrés sur le bateau, avec qui nous avons failli partager une chambre. Hey guys how are you ? Do you remember us ? The first day ? On the boat ? Bien sûr qu'ils se souviennent, vous croyiez quoi ? Qu'ils n'allaient pas se souvenir ? Of course we remembrer, you were singing a Mashina Song. By the way, let me introduce you our friend Dor. Moi, super contente de les voir, leur fait un grand sourire à tous les trois. Dor s'adressant à moi : I love Your smile.

Finalement, je ne sais pas comment, nous décidons de nous rendre tous les cinq au bout du ponton histoire de nous baigner dans une eau vraiment fraiche et par la même occasion voir plein de super beaux poissons. A vrai dire, je ne sais pas trop si, à ce stade de l'histoire nous serons intéressées par les petits poissons. Quand nous arrivons au bout du ponton, nous sommes seulement tous les cinq, livrés à nous même. C'est ainsi, que dans le bleu foncé, nous nous amusons comme des petits fous, écoutant de la musique, plongeant en faisant des Salto arrière, ou gros plats dans la mer, flottant, nous coulant, discutant, bref tout ce qu'on peut faire dans la mer en fait (enfin presque). Evidemment, le reste du Cocohut Village sentant une ambiance sympa au bout du ponton, beaucoup d'autres se joignent à nous pour faire de ce moment un moment inoubliable. Nous rencontrons alors un couple de brésiliens super sympas, d'autres israéliens avec qui je fais du kayak, mais finalement un des mecs me sortant tout le répertoire de drague du bon israélien, je me lasse et rentre à la nage jusqu'au ponton escortée tout de même par les deux kayaks, et pour finir je rencontre un israélien-américain en train de réaliser sa propre série. 

La fête après-midirial au bout du ponton bat son plein, mais nous devons délaisser cette ambiance que nous avons créée. Il est en effet l'heure de partir nous préparer pour retrouver nos trois amis Avi, Liav et Dor à l'Amsterdam Bar, qui paraît-il est le meilleur endroit pour profiter du coucher du soleil. Comme vous pouvez l'imaginer je tombe amoureuse de l'endroit, et évidemment pas que de l'endroit. Une chose en entraînant une autre. Bref, à peine arrivées, que nous retrouvons en bas de la colline où se trouve l'Amsterdam Bar Avi et Liav (Où est Dor ?), puis nous montons à pied jusqu'au paradis sur terre (ou septième ciel peut-être? Non pas encore, patience, patience). Ouf Dor est déjà là. 

Il est 19 heures, et le soleil est déjà presque dans la mer. Sa couleur orangée se fond dans le ciel bleu gris, qui tire sur le violet et le rose. Les palmiers sont en contre-jour, donc presque noirs, et nous, nous commençons à nous installer sur la terrasse qui surplombe la mer. Comme beaucoup d'endroits où nous sommes allés c'est ambiance tables basses, petits coussins à même le sol, et Singha Beer, Chang Beer, ou Coconut Shakes. Avec bien sûr Bob Marley en fond musical. Et Dor, dans son sarouel noir, high mais totally hot ! 

Durant deux heures nous rions au éclats, en faisant des batailles de sauce au chocolat, on ne peut blâmer que les banana pancakes, nous discutons, faisant la connaissance d'autres personnes, et évidemment les israéliens me poussent à faire la Clara's Dance devant tout le monde, chose à laquelle je ne résiste pas. A 21 heures, il faut y aller, notre songthaew va arriver, nous avions négocié deux heures avec lui (l'Amsterdam Bar est isolé, donc si nous n'avons pas de scooter, nous pouvons passer des jours et des nuits sans que personne ne passe par là, donc il faut absolument négocier avec le chauffeur qui vous a amené dans ce coin, une heure à laquelle il viendra vous récupérer). 

Prochaine étape : la célèbre pool party du Coral Bungalows qui a lieu quasiment tous les soirs, mais avant on passe se ressourcer et se changer au Cocohut. Sur la route, nous nous rendons compte que notre chauffeur est complètement taré. Mais super drôle. Il se tape des crises de fou rire tout seul. Allez savoir si cette nervosité est dûe à notre état, ou si elle est propre au chauffeur. Du coup, on s'arrête plusieurs fois sur la route, essayant de rabattre d'autres jeunes qui auraient besoin d'un songthaew vers Haad Rin. 

Après avoir pris plusieurs songthaews plus agités les uns que les autres, nous arrivons enfin à la Pool Party. Si vous essayez d'imaginer à quoi ça ressemble, regardez une scène de série américaine qui se passe dans une grande maison avec piscine et vous saurez. Donc on arrive pas la piscine, des groupes de jeunes dansant dedans, sur le bord, et à l'intérieur du bar de la piscine, tous badigeonnés de peinture les uns plus que les autres. Nous sommes à peine arrivés que Alicia, Avi et Liav se jettent dans la piscine pour jouer à des jeux des plus débiles avec d'autres jeunes : pyramides, poirier, batailles sur les épaules (avec moi criant de tant à autres Alicia ! Alicia ! pour montrer mon soutien à mon amie), plongeon des épaules, etc. Mes lentilles de contact ayant une réaction bizarre à l'eau de la piscine, je préfère ne pas me baigner. Evidemment, un mec (pas mal en plus) ne peut pas s'empêcher de courir, de m'attraper dans sa course et plonge avec moi dans l'eau. Chiant, vu que je dois retirer mes lentilles, ne voir plus rien, attendre que ça passe, en remettre d'autres, et me faire réconforter par Dor (qui, lui aussi a choisi de ne pas se baigner). So Clara, let's have a drink. On laisse donc les autres faire joujou dans l'eau, il m'offre une bière, on s'assied, on discute, et moi je profite de chaque seconde passée avec lui, je commence à bien l'aimer. Les autres nous rejoignent, let's dance, donc on retourne tous ensemble à l'intérieur, et on danse, on danse, on trouve de la body painting, allez, c'est parti pour une bataille de body painting, j'en profite pour faire comprendre (très subtilement) à Dor qu'il me plait, peignant sur son visage et écrivant mon nom sur son bras ! Maintenant les autres veulent aller se baigner dans la mer, le Coral Bungalow étant sur la plage, pas de problème, hop un petit plongeon histoire de s'enlever toutes les traces de body painting. Puis on retourne dans la piscine. Bon cette fois-ci Dor se baigne, je ne vais pas rester toute seule sur le bord, à les regarder, enfin à LE regarder, je ferai simplement attention à ne pas me mettre de l'eau dans les yeux. Et puis, je ne sais pas comment, mais je me retrouve dans l'eau,  à me faire masser les épaules puis les pieds par mon petit crush et c'est là qu'une double révélation m'apparaît devant les yeux, telle un hologramme :
1. Le point G ne se situe pas là où vous pensez, mais sous la plante des pieds
2. Ma proximité avec Dor ne s'arrêtera pas à un simple mais jouissif massage des pieds. 

Les mecs ont faim, Alicia aussi d'ailleurs, la piscine ça crève, donc direction la ville qui ne dort pas la nuit, pour un deuxième bon dîner. On s'installe dans le restaurant qui diffuse 24h sur 24 des épisodes de Friends en version originale sous-titrée en anglais. Un peu tous crevés par la pool party (il doit être trois heures du mat'), nous sommes hypnotisés par la célèbre série. Les mecs prennent des pad-thai, Alicia une pizza, et pour ma part, seulement un Coca-Light ; l'amour m'a tellement ensorcelé que mon estomac en est noué. Le serveur oublie le pad-thai de Dor, celui-s'énerve donc part dans le restaurant d'en face manger un snitzchel, beaucoup plus viril ! De là où je me trouve, je peux encore voir Dor. Mais bon, il me manque déjà. Cela me surprend. Un mec qui me manque, c'est grave, ça ne me ressemble pas. Encore plus grave sachant qu'il est à 10 mètres de moi et qu'on se regarde. On s'affronte du regard. Ca y est, je le veux. Comment vais-je faire ? Désemparée, j'envois un texto à mon amie Laura qui est à Paris pour lui faire part de la situation. On fait comment pour draguer ? Si forte habituellement dans ce genre de situation, je ne sais tout d'un coup plus comment m'y prendre. Peut-être parce qu'il me plaît vraiment, peut-être parce que j'ai peur de tout faire foirer. Il va falloir que je me débrouille. Mais c'est aussi ça l'aventure, c'est bon de sentir que tout n'est pas donné, qu'il faut travailler, se creuser les méninges et être des plus originaux. Je vous arrête tout de suite, j'en ai pas vraiment eu besoin. Le décor a été suffisant. 

Les autres ne sont toujours pas fatigués, ils veulent retourner sur la plage du Cocohut. Personne. Le grand Kiffe, quoi. On s'installe tous les cinq sur les transats, chacun sur un transat, Dor et moi sur le même. Franchement, je ne me souviens même plus de quoi nous avons commencé à parler puisqu'au bout de dix secondes, Dor et moi nous embrassions, les autres continuant à discuter, jusqu'à ce qu'Alicia se tourne vers moi pour me demander What do you think about it, Clara ? et que les trois autres réalisent que Dor et moi n'avons pas écouté un mot de leur conversation. Bref, ils décident d'aller se promener pour nous laisser seuls, Clara on va au bout du ponton, et moi je n'écoute toujours pas. J'entends seulement le souffle de Dor à quelques centimètres de mon visage, ses mains se perdant dans mes cheveux, son corps contre le mien, les bruit des vagues caressant le sable blanc, les palmiers noirs se fondant dans le ciel, le tout éclairé par la lune, comme un spot dans la nuit. 

Koh Phangan - Haad Rin

Lundi 16 mai
Ca y est, c'est officiel, nous partons pour le sud, avec ses ambiances, ses jeunes bagpackeurs du monde entier, ses soirées. Il est 10h du mat' et comme nous ne savons pas encore où nous dormirons, nous laissons nos affaires à Thong Nai Pan, nous viendrons les chercher quand tout sera organisé. Pas une si bonne idée puisque finalement nous passerons la journée à faire des allers-retours entre le Sud et le Nord de l'île. En vrai, ce n'est pas très grave puisque la route-montagnes-russes est magnifique et que l'hôtel dans lequel nous irons finalement est exactement ce dont nous avions besoin. Dés que nous arrivons à Haad Rin, nous nous rendons au Cocohut Village, car il nous a été recommandé par un ami parisien, mais aussi parce que nous avons rencontré sur le bateau des israéliens y allant. Pas ceux qui nous ont proposé de partager une chambre avec eux le premier jour, d'autres. A peine avons nous posé dans le Cocohut Village que nous tombons amoureuses de l'endroit. En effet, lorsque nous arrivons, nos yeux se focalisent sur le restaurant ouvert, donnant sur la plage, son parquet, ses tables en bois basses et les petits coussins sur le sol. Que des jeunes y sont assis, se reposant, déjeunant ou skypant sur leurs ordinateurs. Une ambiance cosmopolite composée de 70% d'israéliens tout de même. Ca y est, je veux passer ma vie ici. La plage n'est pas trop grande et pas trop peuplée. Il y aussi une piscine, un spa, un petit salon Internet. En ce qui concerne les chambres, il y en a de tous standards, passant du bungalow dans les hills (le moins cher, environ 2200 bahts la nuit pour 2 = 60 euros pour 2) à la villa sur la plage avec piscine privée et jacuzzi (8000 bahts la nuit = 200 euros la nuit). Toutes les chambres incluent le petit déjeuner.  Nous choisissons le bungalow dans les hills. C'est la moins chère, mais la chambre est très agréable. Spacieuse, claire, avec une belle salle de bains et même une petite terrasse.

Ayant fait trois trajets entre le Sud et le Nord de l'île, après avoir récupéré nos affaires, notre seule envie est de profiter de notre douche avec une forte pression, de faire une petite sieste, puis de manger une bonne pizza au restaurant. Nous n'avons toujours pas la force de sortir, nous nous endormons comme des larves, vers 23h, réservons nous pour les jours à venir et la Full Moon ! Patience, patience.

mercredi 1 juin 2011

Koh Phangan - Thong Nai Pan

C'est vrai que le Nord de l'île est incomparablement beau au Sud (ceci dit on n'a pas vu grand chose ni de l'un ni de l'autre), mais sur le coup, je me sens complètement frustrée d'avoir laissée les ambiances derrière moi. Ayant eu un avant-goût de l'ambiance d'Haad Rin, je me sens perdue ici. Surtout qu'il n'y a personne. C'est magnifique mais vide. J'essaye tout de même de profiter des paysages, remplis par les montagnes, les palmiers, la mer cristalline et les petits bateaux de pêcheurs. Nous dormirons au Dolphin Bar & Bungalows. 500 Bahts la nuit pour deux, donc l'équivalent de 5 euros la nuit par personne. Le Dolphin Ressort est un ensemble de bungalows en bois, de différents standards, qui se tiennent sur le sable dans une sorte de clairière exotique. Le plus près de la mer, il y a le Bar/Restaurant avec ses petites maisons en bois surélevées et ouvertes, où l'on peut déjeuner, diner, prendre un verre ou se relaxer, sur les petits coussins posés à même le sol. Les bungalows sont derrière ce bar, à seulement quelques dizaines de mètres. Sur la plage, quelques autres Resorts du même style, mais le Dolphin est définitivement le plus beau. 

Samedi 14 mai 
Nous devons nous rendre dans la capitale, Thong Sala, pour faire quelques courses, mais comme nous sommes coincées dans un coin perdu, nous devons commander un songthaew via notre hôtel. Seuls deux horaires possibles pour nous rendre en ville : 10 h du mat ou 15h. Nous optons pour 15 heures, nous pouvons bien profiter de la plage avant que notre songthaew arrive. Pas un songthaew normal pour ce trajet-là, c'est une camionnette thailandaise qui vient nous chercher. Génial, j'ai toujours rêver de monter à l'arrière de la camionnette, sur les banquettes installées en hauteur et à l'air libre. Et en effet, c'est génial. Nous fonçons sur la route, cheveux au vent, soleil haut dans le ciel, mer à perte de vue quand nous sommes en haut des côtes, palmiers à perte de vue quand nous sommes en bas des côtes. 

A Thong Sala, nous avons trois heures pour acheter un portable, une carte SIM, faire quelques emplettes style anti-moustique, crème solaire, etc, et faire un tour chez l'esthéticienne. Les jambes toutes douces, il est l'heure de rentrer. Notre camion nous attend à 18 heures pour nous ramener dans le nord. Il pleut. Pas des petites gouttelettes de pluie. Non, des cordes, des grosses cordes, presque de la grêle, qui nous font mal au dos. Et nous repartons pour le Nord, sur la route pas complètement construite, boueuse, dans le brouillard, et notre chauffeur qui continue de foncer. J'ai froid. Nous nous couvrons tant bien que mal avec la serviette de bain qu'Alicia vient d'acheter, mais au bout de deux minutes, elles est autant trempée que nous. Avec nous, un couple d'allemands, encore plus frigorifiés, et un thaïlandais apparemment habitué à ce changement soudain de climat. Il nous regarde amusé. Puis étonné lorsque Alicia se met à checker la douceur de mes genoux. No, we're Not together. Puis horrifié lorsque nous sortons le gel douche du sac en plastique. Bon il pleut des cordes, et vu que la pression de la douche du resort est très faible, autant se laver maintenant. Hop, allez, on s'en met bien partout, jambes, bras, visage, et je me champouine même les cheveux, histoire de faire halluciner notre ami thai. Alicia et moi n'en pouvons plus de rire. Les deux allemands sont en train d'agoniser et nous limite en train de faire une bataille de gel douche, en essayant de ne pas passer par dessus bord. A peine arrivées, nous nous jetons dans la mer, pour nous réchauffer, puis passons à table, ça donne faim la pluie. 

Si vous croyez que nos aventures sont finies, vous vous trompez. En plein milieu du dîner, coupure d'électricité. Plus de musique, et plongées dans le noir, seules les quelques bougies décoratives nous éclairent. Heureusement, j'ai eu la bonne idée de prendre ma lampe de poche. Super idée même, je vais profiter de cette coupure pour aller aborder les deux mecs (que nous avions repérés en nous installant), qui ont l'air d'avoir notre âge, et qui sont assis au bar. Alicia préfère finir de manger, moi je ne tiens plus en place. C'est romantique d'aller draguer faire connaissance dans l'obscurité, vous trouvez pas ? Et armée de ma lampe de poche, je me sens tout d'un coup invulnérable. Clara, tu peux arrêter d'allumer les mecs ? (dixit Alicia). Evidemment, je mets en oeuvre une nouvelle fois la technique expérimentée à Chiang Mai, je fais mine de me diriger vers mon bungalow, et arrivée à leur hauteur, lance un Hey how you doing, et puis après deux-trois phrases m'assoie à leurs côtés. Nan mais je vous jure, ils avaient besoin d'une lampe de poche, ils voulaient voir l'étiquette accolée sur leur bière. Alicia ne me voyant pas revenir décide de me rejoindre, donc on discute tous les quatre, ils sont italiens, et font le tour de l'Asie, de l'Indonésie, de l'Australie, etc. L'un à 29 ans et s'appelle Allister (si je me souviens bien) et parle très bien anglais, et l'autre, Andrea, a 25 ans (il aura 25 ans le jour de la full mon), est plus silencieux (parce que parle moins bien anglais) et a l'air pas mal du tout. Je vous l'avais bien dit : indispensable la lampe de poche. J'aime bien le style brun ténébreux, cheveux qui tombent sur des yeux noirs aussi ténébreux que malicieux. 

Finalement, les italiens décident d'aller diner ailleurs, là où y a de l'électricité, et on se dit See you tonight, mais cette journée nous a tuées, nous nous endormons très tôt, et le lendemain traînons entre la mer et le sable, un livre à la main, pour notre dernière journée à Thong Nai Pan. 

Koh Phangan - L'arrivée

Vendredi 13
Après dix jours passés à voyager entre Bangkok et le Nord, à marcher dans les montagnes et les forêts, il est temps de nous ressourcer dans les îles du Sud. Pour arriver, il nous faut d'abord prendre l'avion pour Koh Samui, puis prendre le bateau jusqu'à Koh Phangan. Le prix du billet d'avion que nous avons acheté la veille dans une agence de voyage thailandaise : 150 euros (moins cher que sur e-bookers).

A l'aéroport, un couple d'israéliens nous prend pour des israéliennes. C'est vrai qu'autour de nous, à la porte d'embarquement, les israéliens grouillent autour de nous, mais de là à confondre le français et l'hébreu, le gars devait être sous champis...

Environ 1h30 de vol pour rejoindre le sud et dés l'arrivée, tout est très bien organisé pour l'achat de billets de bateau. Le bateau n'est à prendre qu'à 16 heures, nous avons deux heures devant nous, deux heures pendant lesquelles nous nous baignons, et chantons des chansons israéliennes, mangeant des olives israéliennes, et buvant de la bière (thaïlandaise). Je baisse mes lunettes de soleil sur mon nez, le bateau est là. Ca y est, laissez-moi tranquille, je ne répond plus de rien.

Sur place, au port de Haad Rin, Alicia et moi sommes confrontées à un terrible dilemme : on va où ?
Deux possibilités. Soit on reste à Haad Rin, là où il y a la fête et les israéliens, soit on monte quelques jours dans le Nord, sauvage, magnifique et vide, pour se reposer de nos aventures de la semaine dernière.  Heureusement, nous ne sommes pas les seules dans ce cas. Deux des israéliens rencontrés à l'embarcadère, ne savent pas non plus où aller. Come with us, we are going to the North of the island, it seems very beautiful. Ils ne se font pas prier et décident de nous suivre. Cool, déjà deux potes pour envahir avec nous le Nord de l'île. Au bout de deux minutes de trajet, le chauffeur s'arrête, il ne veut pas nous emmener dans le Nord, no it's too far, and thé road is NOT good at all. Les israéliens, Avi et Liav, comprennent que dans le Nord, il n'y a pas la fête, donc ils abandonnent l'idée et décident de rester à Haad Rin. Il nous proposent de rester dans l'hôtel qu'ils ont choisi, mais après visite des chambres, nous constatons que le rapport qualité-prix est complètement foireux, We still wanna go to the North, but we'll come black in a couple of days in Haad Rin. C'est ainsi que nous quittons les israéliens et faisons l'expérience pendant 30 minutes de la not-good-at-all road, avec le chauffeur conduisant comme un cinglé.

lundi 23 mai 2011

Retour a Chiang Mai

L'état de notre chambre après le trek
Nous resterons une nuit  de plus a Chiang Mai pour nousreposer avant une grosse journee de voyage. Meme si c'est toujours sympa de traverser le pays, a pied, a cheval ou a velo. On se repose un peu a la C.C teak House, petit jus de pasteque, degustation de fruit exotique inconnu offert par le tenant de la guesthouse, mais on ne traine pas trop puisqu on doit retrouver nos buddies du trek au Chiang Mai Saloon. Dehors dans la nuit, zero tuk-tuk. C'est la meilleure, quand on en veut pas, on se fait rabattre et klaxonner, quand on en veut un, on n en trouve pas. On doit marcher 10 bonnes minutes, enorme pour la thailande, avant que l'on en trouve un vide. Quand nous arrivons, personne dans le bar. Bizarre bizarre. Ok, nous sommes un peu en retard (une toute petite petite heure) mais, c'est impossible que tout le monde se soit endormi et ait lache l'affaire. On demande s'il n'y a pas un autre Chiang Mai Saloon a Chiang Mai. Si! nous repond le serveur. Du coup on est tout ede suiteplus rassurees avec Alicia, on trouvait que c'etait beaucoup trop simple d'arriver comme des fleurs avec une heure de retard. On arrive finalement a bon port et deux chises nous attendent autour de la grande table ou une dizaines de bieres ont deja ete videes. Alicia est en pleine discussion avec les allemands, et les autres sont un peu loin de moi. Tiens, qui sont ces mecs pas mal a l autre bout de la piece, qui, en plus jouent au billard ? Sexy ! Tiens, et si j'allais faire un tour. Je fais mine de me diriger vers les toilettes, juste a cote du billard, puis en chemin m'installe naturellement avec eux.On discute, on sympathise, je les aime bien ces petits hollandais. Ils me proposent de les suivre en boite (admirez la technique), mais la fatigue est en train de m assommer, et puis Alicia ne partage pas le meme avis que moi les concernant. Je prends tout de meme le soin de recuperer un nom complet pour un facebook, juste au cas ou.

Le lendemain, journee zen. Massage thai par des aveugles, courses, et achat du billet d'avion pour le jour suivant, jour ou nous allons a koh phangan...

Let's trek - Suite et fin

2e jour de trek
Aujourdhui, deux chemins possibles pour se rentre aux cascades. An esay one, a tough one. Pour ma part, pas d'hesitation, ce sera le easy one. Alicia aussi puisque ce matin elle est un peu fatiguee. Nous delaissons notre groupe et notre guide pour marcher avec deux taiwannaises de trente ans et leur guuide, un thailandais grand et degingande qui ne parle pas un mot d'anglais. A son attitude, on dirait qu il est ne pour marcher dans la foret. Il a l'air plus proche de la nature que des hommes. Il n'est pas mechant, car il me donne la main quand j'ai peur....pour eviter que je tombe. Heureusement qu on a paris le easy way, parce que deja qu il est casse gueule, on m aurait retrouve en miettes si j avais pris le tough way. Au bout d' une heure de marche, nous arrivons a la premire cascade. Magnifique. L'eau tombe depuis quatre metres de haut environ et finit sa chute dans un espace rond ou nous pouvons peut-etre nous baigner. Le temps que les mecs de notre groupe arrivent (les anglaises ont abandonne), Alicia et moi evaluons la gravite de la situation. Baignade possible ou non ? Bon on a qu a commencer par se tremper les pieds dans la riviere, on verra bien. Il y a pas mal de courant quand meme...Et si on allait par la ? Un enorme tronc d arbre se tient horizontalement en hauteur, a plus d un metre du sol, sur les gros rochers, a seulement deux ou trois metres de la cascade. On grimpe dessus et assises avec les taiwannaises nous nous prenons tous les eclaboussements de la cascade. De l'adrenaline bien fraiche !

Quand les mecs arrivent, apres leur tough way au cours duquel plusieurs sont tombes, ils ne peuvent pas resister a toute cette eau qui a l air de les avoir attendus pendant de si longues annees. Ils ont froles la mort une premiere fois, autant qu'ils profitent des bonnes choses de la vie en la frolant une seconde fois. (Mamie, si Pierre te lit mon blog, sache que ce n'est pas vrai, personne n'a frole la mort pendant ce trek, c'est juste un effet de style, pour donner de la texture a mon recit !). Moi aussi je veux profiter! Let's go ! Je n'ai qu ' a plonger du haut de mon tronc d arbre me defoncer les pieds sur les cailloux et le tour est joue. Oh my Boudha ! So good ! Tellement bon ! Je revis. J ai failli mourir, et je revis, la vie est geniale.

Apres cette grosse douche nous redonnant des forces a tous, un dejeuner pour bien nous alourdir et nous fatiguer. La vie n'est pas si geniale parfois. Chacun part donc se reposer dans un endroit qui lui parait le mieux approprie. Certains retournent se baigner et Alicia et moi trouvons un rocher, un pour chacune, ou nous pouvons nous allonger entierement, s'endormir entierement, et rever entierement. Heureusement le 2e endroit ou nous passons la nuit n'est pas tres loin, et que sur le chemin une deuxieme cascade nous attend. Moins spectaculaire, mais toute aussi bonne apres la marche. Pour notre derniere nuit nous nous arretons dans la foret, au bord d'une riviere. J aime bien cette ambiance zen ou le bruit de l'eau nous berce. Au programme du soir : pas de village, pas de guitare, pas d'ambiance familiale. C'est ambiance cool avec feu de bois, whisky coca et bieres! Non Papa Maman, je n'ai rien bu, j'ai ete tres sage! Ca y est je veux rester ici toute la vie, posee sur un petit rocher au bord de l'eau en reflechissant au sens de la vie et me demander si Dieu existe.

Le lendemain, excursion pour aller faire du rafting. Quand nous arrivons au site, nous nous mettons en maillot de bain, enlevons nos chaussures, et ecoutons sagement les differentes consignes de securite, notre gilet de sauvetage sur le dos, et casque sur la tete. You have to put your feet here, because you can fall... If you fall you have to put your head like that because of the rocks inside the water...Nan, mais on va descendre quoi la ? Je commence m inquieter, surtout que j ai remarque qu en Thailande les regles de securite sont beaucoup plus basses que n'importe ou ailleurs. Je suis en train de me faire un film ca y est. Je nous vois descendre des cascades, le bateau du rafting tombant plus vite que nous, nous en l'air, tandis que mon coeur remonte jusqu'a ce qu il sorte de moi ! Alicia en rajoute une couche lorsque je lui pose la question "Mais on va faire quoi ?". C'est pas une promenade sur la riviere, c'est plus comme une attraction, avec des loopings, de la vitesse et tout ce qui va avec. Nan mais ils veulent ma mort ????!

Ma decision est prise, je ne ferai pas le rafting! Jimmy est etonne de ma reaction, mais est accepte ma decision, j'irai donc rejoindre les autres en voiture ! Cooool, back to civilisation. Enfin on est toujours dans la foret, et je suis avec un thailandais et une thailandaise qui s arretent toutes les deux minutes sur ce qu'on peut appeler une route, pour cueillir des herbes. Seule civilisation : la voix stridente qui sort de la radio pour emettre des paroles dont je ne comprends pas un mot. Au bout de 10 minutes de route, les deux thailandais m'abandonnent sur le bord du fleuve, me faisant comprendre que les deux canoes viendront me recuperer pour le rafting bambou. Mmhhhh c'est pas dangereux ca? Bambou, ca sonne comme Bambi, donc je me dis que ca doit aller. Effectivement ca ca completement. L'espace de 5 minutes, je me sens comme depaysee, essayant meme de faire avancer cette sorte de radeau, mais apparemment cela necessite une force que je n'ai apparemment pas! La suite vous la connaissez, on dejeune a l arrivee ou nous rencontrons d autres groupes, je joue au ping pong pour me consoler de la balade en rafting qui n etait pas si dangereuse qu elle en avait l air, et nous profitons du temps qu il nous reste pour aller s'amuser comme des gamins de 8 ans en sautant sur le long pont en planches de bois surplombant le fleuve. Tombera, tombera pas le pont ?

Quelques minutes pour prendre des dernieres photos de notre groupe, et un songthaew est deja la pour nous ramener a nos guesthouses respectives. Des au-revoirs, mais pas de larmes, ni de promesses style 'on-se-reverra-quand-tu-viendras-en-France. Je vous l'ai dit. Cool la vie.

samedi 21 mai 2011

Let's trek - Premiere nuit dans la montagne

Nous passerons donc la nuit dans ce village, qui est plus un groupement de quelques maisons qu' un village avec ses habitations, ses rues et ses commerces. Nous avons une cabane pour tout le groupe, les 10 jeunes, une piece ou sont installes 10 matelas a meme le sol, une couverture et une moustiquaire, puis une autre piece pour diner. Mais avant de diner, une douche s'impose : "No shower, no dinner" comme sait si bien le dire notre guide Jimmy. Pour se rendre aux douches et toilettes, il faut emprunter avec precaution un chemin en pente avec des bosses, qui de plus est boueux et glissant a cause de la pluie. On peut s'accrocher aux rembardes en bois pas tres stables pour s'aider.

Ce que j'aime ici, c'est que nous dormons chez l'habitant, et meme si nous ne sommes la que pour une nuit, j'ai un peu l'impression de faire partie de la vie de ce village, l'espace d'une nuit. On peut partager tant de choses en une nuit. Dans ce village, tout le monde se connait (C'est normal, il doit y avoir une cinquantaine de personnes maximum y habitant). Tous les enfants jouent ensemble. Sont-ils de la meme famille ou sont-ils justes amis ? On se demande aussi qui est la mere de qui, qui est le pere de qui, qui est le frere de qui, qui partage les memes genes que qui. On dirait que l'on est dans une grande famille avec le patriarche et la matriarche controlant les entrees et venues, et dirigeant la vie du village.

Lorsque je sors de ma douche, je ne trouve pas Alicia. Elle a du sortir prendre des photos puisque son appareil photo n'est pas sur son matelas. Elle n'a pas froid dehors ? J'ai besoin de quelque chose de plus reconfortant. Je m'allonge sur mon lit pour me reposer un peu avant le diner, quand soudain j'entends des notes de musique et des paroles qui me sont famiolieres : Maybe...You gonna be the one that saves me...And after all...You're my wonderwall...Je cours vers la musique pour voir ce qui se passe, et je decouvre Jimmy notre guide dans un autre des cabanons, preparant le curry du soir, torse nu sous son tablier, avec une des vieilles femmes du village. Le feu sur lequel il fait cuire les aliments me rechauffe. La musique me reconforte. Je demande s'ils ont besoin d'aide. J aimerais participer a ce moment, ne pas etre une simple spectatrice. Ca tombe bien, ils ont besoin de quelqu'un pour leur passer les plats. Aucune competence est necessaire pour se genre de tache, mais ca me plait de preparer le diner en chantant a tue-tete sur du Oasis, coincee entre la vieille femme et Jimmy, dans une maison perdue dans la montagne. On a un peu le temps de discuter et les anglais arrivent sentant l'atmosphere chaleureuse dans ce minuscule cabanon.

Le diner est pret et ainsi nous degustons un curry vert assis sur des coussins par terre, eclaires par des petites bougies. A partir de ce moment, je ne suis plus dans la conversation. Mon corps est bien la, mais mes pensees sont ailleurs. En effet, j'essaye de sentir d'ou viennent les quelques sons de guitare que j'entends depuis 10 minutes. Cette guitare m'intrigue. Elle me rappelle les ambiances de Paris. Mais qui est en train de jouer de la guitare ici ? Alicia me dit qu 'il y a un autre groupe un peu plus loin qui joue de la guitare. Ca y est j ai envie d aller les rejoindre, de me sentir dans une atmosphere qui me rapproche de mon quotidie. J'ai envie de suivre le son, comme alienee par les notes. Mais la nuit est noire, il pleut et il fait froid. J'abandonne tout espoir quand Jimmy arrive accompagne d un de ses potes qui a une guitare avec lui. Qui sait jouer de la guitare ? demande-t-il. J attends de voir si des mains se levent mais personne n y repond. Aparemment je suis la seule a savoir quelaues trucs. Je saisis la guitare et commence a jouer mon tube, evidemment Talk about a revolution de Tracy Chapman. Ca y est je revis. Je ne suis pas du tout une pro, mais une petite amatrice qui sait jouer quelques chansons. Ce qui est bien c'est que au lieu des habituelles titilleries de mes amis, c'est un applaudissement de tonnerre que je recois a la fin de mon live show. A moins que ce soit le tonnerre de l'orage ? Non pas du tout.

Toute facon les enfants du village viennent d'arriver dans notre cabane pour nous faire un petit spectacle. Habilles en tenues colorees traditionnelles, ils se mettent a nous chanter des chansons traditionnelles et meme un petit Frere Jacques auquel je me joins. J'adore, il pourraient rester a chanter des chansons que je ne connais pas toute la nuit, ca ne me derangerait pas. Plus qu une attraction pour divertir nous, les petits touristes naifs que nous sommes, j'ai vraiment l'impression de faire partie, le temps d'une soiree de leur famille. Je suis emue. Emue de voir dans un contexte si different du notre, des moments que j'ai vecus avec ma propre famille. Et c'est pour ca que j ai l impression d etre leur grande cousine Clara trop sympa. Je ne parviens pas a regarder les enfants chanter, alors je m'assieds a cote d eux, frappant ds mes mains, et faisant des grimaces aux plus rebelles. Quand ils quittent la piece, j'ai un pincement au coeur. Est-ce que si je reviens dans 10 ans, ils seront toujours la dans ce village, elevant a leur tour leurs propres enfants ? Que deviendront-ils ? Evolueront-ils ? Iront-ils habiter et travailler en ville ?

La soiree guitare reprend petit a petit son cours. Lesv tubes megamix se succedent et bizarrement Alicia et moi sommes les seules a chanter. Pas de probleme, on se tape des delires improvisation jazzy style! Les autres preferent discuter entre eux, boire des bieres, et fumer de l'herbe soigneusement preparee par la matriarche sous nos yeux, son fils de 5 ans dans les bras. Petit a petit, berces par le son de la pluie se cognant sur notre cabanon, nous passons dans notre dortoir, et nous nous endormons avant meme que le marchand de sable vienne nous saluer.

mercredi 18 mai 2011

Let's trek - la marche dans la forêt

A partir du moment où nous commençons à marcher, je suis à la tête du groupe. Oui, je suis motivée. J'vais leur montrer à ces mecs de quel bois je me chauffe. Pendant au moins une heure, je suis la leadeuse, et même si mes muscles tirent et que je sens l'effort, je tiens le coup. Mais plus nous nous aventurons dans la forêt, plus ça devient rocheux, boueux, escarpé, glissant, grimpant. Il se met à pleuvoir et pendant une heure nous grimpons, dans un décor que l'on caractérise par un seul mot : vert. Ca en donne presque mal à la tête. Tout est vert autour de nous, et nous devons arriver en haut de ce chemin qui monte, qui monte. Je suis essoufflée mais je suis encore vivante. J'imagine qu'après ça, il ne nous reste plus beaucoup à marcher. Bonne nouvelle nous dit Jimmy notre guide thailandais (mais parlant très bien anglais) : "Il nous n'en reste QUE deux". Ah oui, c'est vrai que c'est une super  bonne nouvelle. Oh my God, s'exclament les deux anglaises. Jimmy nous dit qu'à l'avenir nous ne dirons plus que "Oh my Boudha" pour être en total accord avec la culture locale. Je repense à la montée. En gros, ce truc assez dur, et bah, on va en avoir deux autres similaires. Really Good News. Really. Après une petite pause où j'essaye de reprendre des  forces en dégustant des crackers à l'algue (ne testez jamais !), c'est reparti. Et plus j'avance, plus je me fatigue, plus je trouve ça dur. Ma respiration se fait de plus en plus difficile. Je suffoque. J'ai chaud. Je dégouline. J'ai faim. Je veux m'arrêter, je veux en finir, je veux qu'on soit le surlendemain, jour de fin du trek. Je n'en peux plus.



Ca y est, je veux mon papa, je veux ma maman, je veux pouvoir me plaindre, dire "ça y est, j'abandonne", et qu'on vienne me chercher en hélico ou qu'un traîneau de chiens à crête dorsale tiré par un Père Noël bridé débarque d'on-ne-sait-où. Je veux être dans mon lit de Paris, sous ma couette bien moelleuse, en regardant des séries avec un bon chocolat chaud. Et bien non, je dois gérer ça toute seule. Mais franchement, qu'est-ce que je fous là ? Les autres sont bien devant moi et on ne se connait pas assez pour que je leur demande de me porter, ou d'accepter que je m'aggripper à eux, ou carrément simuler un évanouissement dans leurs bras. Pas que j'ai envie d'un bouche à bouche par un inconnu, mais juste envie de claquer des doigts et arriver, par téléportation, ou voyage dans le temps, dans le premier village où nous sommes censés passer la nuit.

Finalement je parviens à gérer ce "mauvais moment" en restant à la traîne avec les deux anglaises, marchant à notre rythme et discuter de tout et de rien pour oublier notre souffrance. Je dois quand même me concentrer sur le chemin parce qu'un gros dilemme se pose : Soit je marche au milieu du chemin au risque de glisser et de me fracasser le dos sur les gros rochers le pavant, soit je marche sur le bord du chemin, mais il est fort probable que je tombe dans le ravin. Doit pas être très agréable. Avec toutes ces feuilles, cette végétation exotique, ces branches d'arbres en travers de la pente aigüe, avec ces rochers, etc. Je ne peux m'empêcher de penser à tous les films et séries catastrophe se passant dans la jungle. Les accidents de montagne, etc. Surtout avec la dernière série médicale Off the Map, dont l'intrigue se déroule dans un cadre similaire à celui dans lequel nous évoluons à l'heure actuelle. Regardez-là et vous comprendrez que cela n'a rien de rassurant. L'instant d'après je pense à l'instinct de survie. Si je tombe, je me débrouillerai. Je serai forte. Plus que je ne le suis maintenant. Je commencerais par manger toutes les barres chocolatées et Oreo achetées pour le trek. Faudra penser à finir les crackers à l'algue aussi. Puis je recueillerai l'eau de la pluie sur les feuilles pour la boire. Et puis, peut-être que des animaux ou des arborigènes viendraient me recueillir sur les feuilles, comme je recueillerai l'eau de la pluie, c'est ça la chaîne alimentaire, sauf que les arborigènes me mangeraient pas, mais m'éleveraient de manière à ce que je sois une adulte de la nature, et personne ne saurait si j'avais survecu...un peu comme dans la forêt d'émeraude quoi !

Trêve de plaisanterie, j'entends un hurlement de mes camarades me tirant de mes délires dignes de ceux d'un enfant de 8 ans. Je relève la tête, vers le paysage et j'aperçois 3 maisons en bois, un peu seules au monde dans cette immensité verte. Je n'y crois plus. On est vraiment arrivés ? Je repose la question trois fois. Pour moi, l'arrivée est encore loin. Mais grâce à mon imagination, parfois morbide, j'en ai presque oublié ma souffrance. Et puis, autour de nous, c'est vraiment époustouflant. Il n'y a plus de souffrance. Et même avec mes baskets trempées par la rivière, mon jean boueux, et mes cheveux pleins de terre, plus rien n'existe, à part la beauté du décor.








Let's trek - Le commencement

1er jour
8 heures. Le réveil sonne. Encore crevée de la veille, je dois pourtant me lever, enfiler mon jean, mettre mes baskets et ne rien oublier. Eau, crème solaire, lunettes de soleil, ciré en cas de pluie, tout y est. Nous avons à peine le temps de prendre un petit déjeuner, qu'un songthaew est déjà là pour qu'on aille rejoindre le restant du groupe avec lequel nous passerons trois jours. On se demande qui fera partie de notre groupe. D'autres français ? Des gens de notre âge ?

Les premiers à monter dans notre songthaew sont deux garçons qui ont l'air d'avoir notre âge ou un peu plus. Il est pas mal le blondinet qui vient de s'asseoir en face de moi. Mmmmh j'aime bien ce style mannequin abercrombie new yorkais. Trop cool, un américain ! 4 autres garçons rentrent, du coup je ne suis plus concentrée sur le mec en question. Eh oui, je suis frivole ! Par contre, j'aimerais bien qu'il y ait d'autres filles, parce que sinon l'ambiance ne sera pas assez potache. Au bout de 5 minutes, deux autres filles arrivent, et je suis soulagée, surtout qu'avec leurs faux-cils, faux-ongles et tenue de shopping plus que de trek, elles me font bien rire. Bon reconcentrons nous sur le bel américain. Alicia me remarque et me fait un clin d'oeil, l'air de dire : « J'en connais une qui va draguer ». Oui, c'est sur qu'avec ma tête je vais draguer. J'ai l'air d'un clown. Quoique séduire en faisant le clown, c'est pas une si mauvaise idée...Ah mais en fait, c'est ce que je fais tout le temps ! Je suis tirée de mes pensées lorsque l'américain répond à la question tant attendue : « Where guys are you from ? », et sa réponse me fait l'effet d'un coup de poing dans le ventre : « Germany »

Quoi? Quoi? Non pas allemand, je voulais qu'il soit américain. Il aurait pu répondre espagnol, anglais, ça m'aurait fait le même effet. Du coup il ne peut pas être un mannequin de chez Abercrombie, du coup je ne le trouve plus beau, du coup j'ai plus envie de draguer. Tant pis, je me rattraperai sur les éléphants. Les éléphants et les clowns, ils ont toujours été copains en plus, dans les cirques, ils ont un peu la même vie, loin de leur famille, à divertir les autres.

En revanche, un clown qui monte sur un éléphant ce n'est pas très drole. Enfin, ça dépend pour qui. Je dis ça parce que le trek a commencé par une balade à dos d'éléphant. Je tremble à chaque pas que fait l'éléphant, me demandant à quel moment je m'écraserai la tête la première puis me ferait éclater cette même tête sous le poids de mon semblable l'éléphant. C'est poilu un éléphant quand même. Presque autant que moi. Ca doit être parce que c'est la première fois que j'en vois un d'aussi près. Bon en fait, je suis un éléphant. Sauf que je ne mange pas de bananes crues (et oui il n'y a pas que les singes), et que je ne me gratte pas les fesses en les frottant sur un rocher. C'est cool ça, je ne suis ni un éléphant, ni Obélix. J'adore ce voyage, il me fait prendre conscience de qui je suis, ou plutôt de qui je ne suis pas. Je le savais, la Thailande, ça vous réconcilie avec vous-même. J'ai l'impression d'être dans Eat, Pray, Love, sauf que pour l'instant on en est encore au premier stade : Eat.

mardi 17 mai 2011

Arrivée à Chiang Mai

En attendant le train qui nous emmènera à Chiang Mai

Il fait notre lit, mais viendra-t-il nous border ?

8 heures du mat'. Nous ne tenons plus sur nos jambes. Nous avons en effet passé sept heures dans le train de nuit, et même si nous avons choisi la first class, juste un compartiment pour nous deux, avec deux couchettes, et mec qui vient te faire le lit avant, nous avons eu très froid. A la gare, plutôt que de prendre un tuk-tuk, nous décidons de nous rendre par nos propres moyens à la guesthouse que nous a conseillé un jeune rencontré à Bangkok : la C&C Teak House. Encore une grande maison en bois dans laquelle on pénètre par un minuscule chemin pavé de pierres sur lesquelles se tiennnt des mini boudhas et des petites fontaines. A moitié couverte, et sans murs, la salle à manger fait aussi office de réception, tables et chaises en bois, un petit coin pour s'allonger.
Ici, c'est ambiance famille. Tout le monde vient y prendre ses repas, se reposer, surfer sur Internet ou tout simplement discuter avec le gérant, un français. D'ailleurs, ici il n'y a que des français. On se sent comme à la maison. Tout le monde discute avec tout le monde, pieds nus, se racontent leurs vies et surtout leurs récits de voyage en thailande. Souvent le même parcours, mais toujours avec des anecdotes différentes.
Nous entrons dans la guesthouse en regardant à peine autour de nous. Nous lâchons nos sacs et nous nous effondrons sur le lit. Nous avons besoin de récupérer un peu, après ces deux jours de voyage intenses. Je crois que j'aurais pu dormir 24 heures si mon estomac ne s'était pas mis à gargouiller aussi fort. Nous avons juste à descendre, et nous commandons chacune des pâtes, parce que la bouffe thai, c'est bon mais on a besoin de quelque chose de plus doux à ce moment là. Rien à voir avec les pâtes européennes. Elles sont bonnes, mais pas ce à
quoi nous nous attendions. On profite de ce moment pour se renseigner sur les différents treks. On a le choix entre un, deux, ou trois jours. Alicia n'a pas besoin de beaucoup d'arguments pour me convaincre de partir trois jours en forêt. Sur le moment, je suis super fatiguée, alors je ne m'imagine pas marcher 15 km par jour dans la forêt. Du coup, on doit aller faire quelqes emplettes, trouver des lampes de poche, des petits sacs à dos, de la crème solaire. Cool, ça nous permettra de nous promener dans le marché de warorok. Sur place, evidemment, nous avons envie de tout acheter, mais concentrons nous sur le plus important. Nous pourrons aller plus tard nous divertir dans le marché du dimanche.

Finalement, nos achats sous le bras, nous repartons le ventre vide à la recherche d'un bon restaurant. "Here only vegetarian food" est affiché sur la deventure de l'un d'entre eux. Original, dans un pays où il n'y a pas beaucoup de plats végétariens. Nos yeux s'illuminent lorsque nous ouvrons la carte.on ! Tout à l'air trop bon ! On ne sait pas quoi choisir, allez autant tout gouter, ne nous limitons pas. Les plats se succèdent sur la table. Au bout de quelques bouchées nous n'en pouvons plus. C'est la fête, on partage les plats avec nos voisins espagnols, assis juste derrière nous. Il commence à se faire tard, et nous devons être en forme pour le lendemain, tant au niveau physique que psychologique, puisque nous commençons le trek...